Lailat El Qadr : la nuit magique du Ramadan

Chaque année, tous les musulmans du monde attendent avec impatience Lailat El Qadr, cette nuit du destin qui vaut plus de 83 années d'adoration.

Laylat al-Qadr, également appelée la Nuit du Destin, est l’une des nuits les plus vénérées et spirituellement significatives du calendrier islamique.

Cette nuit se manifeste durant les dix dernières nuits de ce mois sacré, offrant une occasion unique de multiplier les bénédictions et les récompenses pour nos bonnes actions. Le Prophète Mohammed (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit à ce sujet : « Cherchez la Nuit du Qadr dans les nuits impaires des dix derniers jours du Ramadan. » Hadith | Sahih al-Bukhari

La nuit sacrée : un temps de prière et de méditation

Cette nuit survient lors des dix derniers jours du mois sacré de Ramadan, et selon la volonté de Dieu, tous les anges ainsi que l’Esprit Saint descendent durant cette nuit pour rendre visite à ceux qui célèbrent cette occasion par la lecture méditée du Coran. Pour les plus pieux, Lailat El Qadr est une nuit de paix qui dure jusqu’à l’aube, durant laquelle ils passent leur temps à prier, lire le Coran et faire des invocations.

Coutumes et traditions autour de Lailat El Qadr

Des coutumes et traditions particulières se sont aussi développées autour de la célébration de Lailat El Qadr, des traditions qui sont transmises de génération en génération. Parmi ces pratiques, la circoncision des enfants est courante durant cette nuit. Nombreux sont ceux qui choisissent ce moment sacré pour effectuer cet acte important.

Enfant, j’attendais cette nuit magique tout au long du mois de Ramadan, car je savais qu’un de mes cousins, ainsi que plusieurs autres, serait circoncis ce jour-là. Cela signifiait des moments de joie et de festivités que nous allions célébrer ensemble. Je restais même éveillée toute la nuit pour ne pas rater ce moment extraordinaire où le ciel s’ouvrirait, nous montrant les portes du paradis et exauçant tous nos vœux. Mais, avec le temps, j’ai compris que cela n’était qu’une légende racontée par nos ancêtres.

Une nuit remplie de souvenirs et d’émotions

À l’époque, jeûner était très difficile pour moi. J’avais du mal à résister aux pâtisseries traditionnelles et aux douceurs que les adultes dégustaient.

Mais pendant Lailat El Qadr, je pouvais jeûner sans me plaindre une seule seconde, et ce, pendant 24 heures. Je ressentais une fierté particulière en portant mon hijab blanc et en accompagnant ma grand-mère, mes cousines et mes tantes à la mosquée. La prière du Tarawih était difficile, et j’étais bien trop jeune pour supporter de rester debout sans me déconcentrer. Pourtant, chaque seconde de ce moment était empreinte d’émotions que je savourais pleinement.

Je me souviens aussi qu’avant de partir pour la mosquée, ma grand-mère nous remplissait des sacs de friandises que nous partagions après la prière. J’étais si fière de moi à l’idée de partager quelque chose qui m’appartenait.

Sur le chemin du retour, le parfum envoûtant des fleurs de jasmin emplissait l’air. Nous nous amusions à ramasser ces fleurs pour décorer le plateau dans lequel nous allions mettre le henné. Ainsi débutait notre soirée : nous étions tous réunis autour d’une petite table, ma grand-mère au centre, appliquant le henné d’abord sur les garçons, puis sur les petites filles. Ensuite, elle récitait le Coran d’une voix douce et émouvante. Et puis venait la traditionnelle partie de Bouqalate, où nous la sollicitions sans cesse pour qu’elle nous explique le sens de chaque proverbe, ce qui lui causait bien souvent des migraines.

La soirée se prolongeait jusqu’à l’aube. Ma grand-mère plaçait alors un grand matelas près de la fenêtre, pour que nous puissions observer le ciel s’ouvrir et les anges descendre, comme on nous le racontait. Ce n’est qu’en grandissant que nous avons compris que tout cela n’était qu’une légende. Mais, étant enfants, nous nous vantions de tous avoir vu les anges descendre, même si nous nous endormions à peine quelques minutes après nous être installés.