Dans la rue, au travail, à la maison, tout ralentit. Les journées sont marquées par l’énervement, la faim, et un comportement étrange. Les rues sont peuplées de visages fatigués, cernés, l’air grognon, prêts à s’engueuler pour un rien. Et c’est tout le mois qui passe ainsi, sous le signe du Ramadan.
Le marché du matin : un défi pour les nerfs
Dès le matin, direction El Marchi, un souk qui attire les yeux et les narines avec ses fruits et légumes frais.

Mais c’est aussi un vrai test pour la patience du jeûneur. À peine sur place, affamé et assoiffé, l’Algérien se laisse guider par son estomac, achetant sans réfléchir des montagnes de nourriture. Les commerçants en profitent, les prix flambent, et le jeûneur se retrouve à dépenser pour des produits qu’il n’a même pas l’intention de consommer. C’est la magie du mois : son cerveau passe en mode off, et son ventre prend le relais.
Au bureau, c’est l’hibernation
Au travail, la productivité est proche de zéro. Entre siestes et distractions, les employés traînent, les dossiers s’empilent. Les tensions sont palpables : la moindre contrariété déclenche des insultes et parfois même des altercations. Les nerfs sont à fleur de peau, et le jeûneur est prêt à tout pour se soulager un peu. À ce moment-là, c’est clair : le ventre affamé n’a pas d’oreilles… et encore moins de cervelle !
La magie du ventre, ou comment le Ramadan transforme l’homme
De retour à la maison, l’Algérien chargé de victuailles s’énerve pour un rien. Il critique le menu, maudit tout le monde et se laisse envahir par un agacement que seul le jeûne peut provoquer. Puis, lorsque le repas arrive, la transformation est immédiate. En cinq minutes, il engloutit tout, suivi d’une cigarette et d’un café, avant de s’effondrer sur le canapé, vidé. Le Ramadhan a ce pouvoir étrange : il transforme une simple journée en un parcours d’obstacles… mais à la fin, c’est déjà une journée de moins.
Le constat : entre sacrifice et excès
Si le Ramadhan est censé être un mois de purification, il n’échappe pas à certaines dérives. Entre la flambée des prix, le manque de civisme et les comportements bizarres, le mois sacré devient parfois un terrain de jeu pour la consommation excessive. Certes, le manque de caféine ou de nicotine peut rendre nerveux, mais il est crucial de ne pas perdre de vue l’essence du Ramadhan : la spiritualité et la modération. Dr A. Nazim, Psychologue.
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